Coulazou: analyse des enjeux

Après nos rencontres avec des représentants du Gemapi (le 30/11/2018 et le 14/12/2018), puis avec des représentants du Syble en présence de nos représentants élus (le 18/12/2018), l’association “Cournon tu râles” a continué d’étudier le sujet du Coulazou en prenant contact le 03/01/2019 avec Mme Cathy Vignon, porte-parole des associations à la CLE: la Commission Locale de l’Eau.

En effet, les habitants de Cournonterral ont pu observer une perte hydrique de la rivière au cours de ces dernières années. Le niveau du Coulazou baisse et ce phénomène est particulièrement visible depuis l’année 2014, durant laquelle s’est déroulé l’important épisode de crue.
Si la rivière fait naturellement l’objet de pertes (elle alimente les sources d’Issanka), cela n’explique pas entièrement la baisse du lit dont elle fait l’objet. Une analyse de l’hydromorphologie des cours d’eau du bassin versant est menée par le Syble depuis fin 2017 (et se terminera en avril 2019)  et constate elle aussi une incision du lit, soit un abaissement du cours d’eau en particulier entre Fabrègues et Cournonterral. Les strates terrestres n’étant pas dures, la géologie est favorable à ce type d’enfoncement. Il est possible de consulter le complément aérien de cette étude en se rendant sur le site du Syble grâce à l’outil Survo’Lez.

Pourquoi le Coulazou perd-il son eau ? 
Le Syble a émis plusieurs hypothèses quant à ce phénomène.
Une modification de la nappe d’accompagnement, mais aussi les modifications effectuées sur le cours d’eau par la commune de Fabrègues dans les années 60. Le Syble conseille donc une approche globale du Coulazou réunissant les communes concernées.
Cependant, Mme Cathy Vignon représentante de la CLE, nous a aussi suggéré de nous renseigner sur les pompages tels que ceux des pépinières, golf, agriculture ou même pour l’eau potable.
Enfin, la dernière hypothèse concerne le décolmatage possible des fonds durant la crue de 2014. En retirant le limon, la crue a pu causer des “fuites” en aidant l’eau à s’insérer dans les nappes phréatiques. Phénomène peu connu, il est impossible de savoir à l’heure actuelle si le recolmatage se produira un jour, ni quand.

Quelles solutions apporter pour le Coulazou ? 
Au terme de son analyse des cours d’eau du bassin versant du Lez, le Bureau d’études pourra proposer des aménagements tels que la consolidation du squelette de la rivière via la pose de seuils transversaux et d’un enrochement de fond par paliers. L’objectif étant de conserver le matelas alluvial du Coulazou. Ces travaux nécessiteront toutefois de veiller à la sauvegarde des poissons migrateurs: en effet, la zone Lez-Mosson est classée prioritaire pour la sauvegarde de l’anguille !

Le Coulazou et sa ripisylve
Le terme “ripisylve” désigne les formations boisées présentes le long des cours d’eau. Ces zones humides à la biodiversité particulière ont un rôle écologique important. Une ripisylve du Coulazou est présente dans la Vigne du Parc et se situe entre le cours d’eau et le parking. Mme Vignon a signalé que 10 mètres de ripisylve représentait un nettoyage de 80% des nitrates et 70% des phosphates en moyenne. Il est donc non seulement important de la conserver, mais aussi de la reboiser avec des plantes endémiques.
Mme Vignon a donc approuvé notre suggestion de reculer le parking de la Vigne du Parc, présente dans le dossier de propositions que nous avons transmis à la Mairie. Cette solution permettrait aussi de protéger quelque peu le Coulazou des hydrocarbures provenant du parking.

Bassin collecteur des eaux de pluie: une idée à améliorer
La Vigne du Parc a été dotée d’un bassin récupérant les eaux de pluies venant du Boulevard du Théron. Cependant, nous avons pu constater que ce bassin n’était pas doté d’un système de filtration adéquat pour les petits déchets -tels que les mégots- et les pollutions. En effet, lorsque l’un des égouts du Theron se bouche, les déchets se déversent dans le Coulazou via ce bassin (voir la vidéo publiée sur notre Facebook à ce sujet). Ces déchets peuvent être d’origine organique (excréments…) ou chimique (hydrocarbures via le ruissellement des rues…).
De ce fait, la présence de la bactérie Escherichia Coli a pu être détectée dans la rivière.
Mme Cathy Vignon a suggéré à ce sujet un filtrage tels que ceux utilisés dans les stations d’épuration contre les huiles de moteur et graisses diverses: un lit de sable ou des filtres à roseaux. Les graisses étant flottantes, le tuyau de vidange devrait se trouver en bas du collecteur.
Enfin, la porte-parole de la CLE a aussi signalé que la rencontre entre les eaux de pluie provenant du collecteur et le Coulazou ne devrait idéalement pas se faire perpendiculairement, comme c’est le cas actuellement. Il serait préférable que les eaux de pluie se déversent en suivant le chemin naturel de la rivière pour ne pas abîmer la berge située en face lors des épisodes pluvieux importants.

L’eau: un enjeu d’importance
Enfin, l’association “Cournon tu râles” a assisté le 17/04/2019 à la conférence sur l’eau donnée par Mr Eric Servat. Très intéressante et placée selon le point de vue mondial, cette conférence nous a permis de réaliser de manière encore plus évidente à quel point l’eau est une ressource précieuse à préserver et à protéger.

Le Coulazou

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